Le 2 juillet 2026, l’Ambassadrice Yu Jinsong a publié au média marocain Maroc Diplomatique, un article intitulé « Unir les forces de la gouvernance mondiale pour bâtir ensemble un avenir meilleur». L’Ambassadrice a souligné que la Chine est prête à travailler avec le Maroc pour mettre en œuvre ensemble l’Initiative pour la gouvernance mondiale, promouvoir l’avènement d’un système de gouvernance internationale plus juste et plus équitable et apporter une nouvelle contribution à la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité.
Texte intégral en français:

Récemment, le Livre blanc intitulé « Vers un système de gouvernance mondiale plus juste et plus équitable : conceptions, initiatives et actions de la Chine » fut publié par le Bureau de l’information du Conseil des Affaires d’État de la République populaire de Chine. Ce livre blanc expose de manière systématique le contexte, la richesse conceptuelle et la portée de l’Initiative pour la Gouvernance mondiale proposée par le Président Xi Jinping. Il présente également les pratiques concrètes de la Chine en faveur de la réforme et de l’amélioration du système de gouvernance mondiale, tout en précisant ses objectifs, ses principes et son plan d’action. Son objectif est de contribuer à la réforme de la gouvernance mondiale, de répondre efficacement aux défis planétaires et de renforcer le consensus ainsi que les synergies de la communauté internationale.
Une solution chinoise face aux bouleversements du monde
Le monde traverse aujourd’hui une nouvelle phase de transformations et de turbulences. L’unilatéralisme, l’hégémonisme et le protectionnisme gagnent du terrain, tandis que les défis liés au changement climatique, à la fracture numérique ou encore aux usages abusifs des algorithmes se multiplient. Plus que jamais, il est nécessaire de renforcer l’efficacité de la gouvernance mondiale.
C’est dans ce contexte que le Président Xi Jinping a proposé l’Initiative pour la gouvernance mondiale, articulée autour de cinq principes fondamentaux : l’égalité souveraine des États, l’État de droit international, le multilatéralisme, une approche centrée sur les peuples et l’orientation vers l’action.
Cette initiative apporte une réponse chinoise à une question essentielle de notre époque : quel système de gouvernance mondiale construire et comment le réformer pour le rendre plus efficace et plus juste ?
Comme l’a souligné Wang Yi, membre du Bureau Politique du Comité Central du Parti Communiste Chinois et Ministre des Affaires étrangères, la mise en œuvre de cette initiative repose sur cinq priorités : défendre fermement le rôle central des Nations Unies et restaurer leur autorité ; favoriser l’apaisement des crises régionales par le dialogue et la concertation afin de parvenir à une sécurité commune et durable ; préserver l’orientation ouverte et inclusive du développement mondial en promouvant une mondialisation économique plus équilibrée ; renforcer le rôle du Sud global et accroître la représentation des pays en développement dans les affaires internationales ; enfin, combler les lacunes du système actuel par l’innovation institutionnelle et l’élaboration de nouvelles règles adaptées aux réalités contemporaines.
D’une initiative chinoise à un consensus international
L’Initiative pour la gouvernance mondiale répond aux aspirations communes des nations à améliorer les mécanismes de gouvernance internationale. Elle reflète la volonté largement partagée de privilégier l’équité plutôt que l’arbitraire, l’État de droit plutôt que le désordre, la coopération plutôt que la confrontation, et l’action concrète plutôt que les déclarations sans lendemain.
Fondée sur les principes de concertation, de contribution conjointe et de bénéfices partagés, elle ouvre une nouvelle voie vers une gouvernance mondiale plus démocratique et plus fondée sur le droit. Elle dépasse les schémas dépassés de type « centre-périphérie » et rejette la logique selon laquelle « la force fait le droit ».
Depuis son lancement, l’initiative a reçu le soutien et l’appréciation de près de 160 pays et organisations internationales. Plus de soixante États ont rejoint le Groupe des Amis de la Gouvernance Mondiale.
Le 9 décembre 2025, la réunion inaugurale de ce Groupe s’est tenue au siège des Nations Unies à New York, où quarante-trois membres fondateurs ont adopté une déclaration commune. Le 28 mai 2026, la deuxième réunion du Groupe a réuni, de nouveau à New York, des représentants de plus de soixante pays. Le communiqué conjoint adopté à cette occasion a dégagé cinq grands consensus : préserver l’autorité des Nations Unies, défendre l’État de droit international, renforcer la solidarité et la coopération, promouvoir la réforme de la gouvernance mondiale et accorder une attention particulière aux effets des mesures coercitives unilatérales sur les pays en développement, notamment les pays africains et les pays les moins avancés.
De sa création à sa deuxième réunion, le Groupe des Amis de la Gouvernance Mondiale a démontré que cette initiative suscite une compréhension, une adhésion et une participation croissantes de la communauté internationale, au point de devenir l’un des principaux dénominateurs communs dans les discussions sur l’avenir de la gouvernance mondiale.
De la vision à l’action
Comme le dit un proverbe chinois : « Les grandes idées valent par leur mise en œuvre ».
L’Initiative pour la gouvernance mondiale n’est pas un simple document conceptuel ; elle constitue un programme d’action pragmatique répondant à une double interrogation : de quoi le monde a-t-il besoin et que pouvons-nous faire ensemble ?
En tant qu’initiateur de cette démarche, la Chine s’est engagée à montrer l’exemple par des actions concrètes.
Nous contribuons à la paix mondiale. À ce jour, la Chine a participé à vingt-neuf opérations de maintien de la paix des Nations Unies et déployé plus de 50 000 Casques bleus. Elle est aujourd’hui le deuxième contributeur financier aux opérations de maintien de la paix de l’ONU et le premier fournisseur de troupes parmi les membres permanents du Conseil de sécurité. La Chine a également favorisé la première déclaration conjointe des dirigeants des cinq États dotés de l’arme nucléaire sur la prévention de la guerre nucléaire, tout en œuvrant activement à la promotion du dialogue et de la paix sur les questions ukrainienne et palestinienne ainsi que sur d’autres dossiers sécuritaires internationaux.
Nous mobilisons des ressources pour le développement. La Chine a créé le Fonds mondial pour le développement et la coopération Sud-Sud, dont le capital a été porté à 4 milliards de dollars américains. Plus de deux cents projets réalisés dans plus de soixante-dix pays ont bénéficié à plus de quarante millions de personnes. Les projets de développement « petits mais efficaces » améliorent directement les conditions de vie des populations. Le riz hybride et les Ateliers Luban sont devenus des symboles de la coopération chinoise en matière de réduction de la pauvreté, tandis que la technologie du juncao a permis la création de centaines de milliers d’emplois dans plus de cent pays. En associant commerce, investissement et assistance au développement, notamment grâce à sa politique de droits de douane nuls en faveur des pays africains et des pays les moins avancés ayant des relations diplomatiques avec la Chine, celle-ci contribue à créer de nouvelles opportunités de croissance et de prospérité partagée.
Nous construisons des plateformes de coopération. Fidèle au principe de concertation, de contribution conjointe et de bénéfices partagés, la Chine œuvre à l’approfondissement de l’Initiative « la Ceinture et la Route ». Elle organise également de grandes plateformes internationales d’ouverture et de coopération, telles que l’Exposition internationale d’importation de la Chine, la Foire internationale du commerce des services de Chine, l’Exposition internationale des produits de consommation de Chine ou encore l’Exposition internationale de promotion des chaînes d’approvisionnement. La Chine a également initié la création de l’Organisation internationale de médiation, comblant ainsi une lacune importante dans les mécanismes internationaux de règlement pacifique des différends. Elle a par ailleurs lancé le Groupe des Amis pour la coopération internationale en matière de renforcement des capacités dans le domaine de l’intelligence artificielle, proposé la création d’une Organisation mondiale de coopération en intelligence artificielle et organisé douze éditions consécutives de la Conférence mondiale de l’Internet.
La mise en œuvre effective de l’Initiative pour la gouvernance mondiale requiert l’engagement de l’ensemble de la communauté internationale. La Chine continuera de promouvoir la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité, de favoriser la paix par le dialogue, le développement par l’ouverture, l’ordre international par l’équité et la justice, ainsi que la gouvernance mondiale par la solidarité et la coopération.
Une nouvelle dynamique pour la coopération multilatérale sino-marocaine
Le Maroc figure parmi les premiers pays à avoir exprimé son soutien à l’Initiative pour la gouvernance mondiale et a rejoint, en qualité de membre fondateur, le Groupe des Amis de la Gouvernance Mondiale. Cela témoigne pleinement de la vision stratégique et de la clairvoyance de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, attaché au multilatéralisme et à l’État de droit international.
Le Royaume du Maroc est un acteur important de la coopération multilatérale et une force active dans les efforts visant à renforcer et à améliorer la gouvernance mondiale. Ces dernières années, nous nous réjouissons de voir le Maroc assumer des responsabilités croissantes au sein de nombreuses organisations internationales et régionales, tout en accueillant d’importantes conférences internationales contribuant au dialogue, au rapprochement des positions et à la recherche du consensus.
À l’occasion du dixième anniversaire de l’établissement du partenariat stratégique entre la Chine et le Maroc, nous sommes prêts à travailler avec nos partenaires marocains pour mettre en œuvre ensemble l’Initiative pour la gouvernance mondiale, promouvoir l’avènement d’un système de gouvernance internationale plus juste et plus équitable et apporter une nouvelle contribution à la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité.